SIAL : la nouvelle économie est en France ! Mais pour combien de temps ?

Ce dimanche 21 octobre s’est ouvert à Villepinte, près de Paris, le Salon International de l’alimentation que j’ai l’honneur et le plaisir de présider. Ce salon biennal est la plus grande vitrine international de l’innovation autour de l’alimentation, et il a lieu en France, patrie de la gastronomie.

 

Cette année, les innovations mettent plus que jamais le goût à l’honneur, comme le souhaitent nos consommateurs. Le végétal est sans surprise en bonne position parmi les 400 000 produits présentés. La mise en valeur des viandes et poissons n’est pas en reste, avec des productions françaises qui montent en gamme. Le goût, le vrai, le sens, sont les trois piliers de l’alimentation qui vient et qui est plébiscitée par les familles françaises.

 

Ce salon se veut optimiste : de nombreuses startups, des médias du monde entier qui viennent voir ce que les Français ont encore à inventer pour manger mieux, des vrais virages vers une gastronomie encore plus de qualité. Mais pour combien de temps ? On peut se le demander alors que des signaux inquiétants sont envoyés sur l’avenir de notre industrie.

 

Un signal inquiétant envoyé par le sommet de l’Etat en premier lieu. Le Président de la République a systématiquement témoigné son soutien à d’autres secteurs industriels : l’automobile à son « Mondial » ou encore l’armement au Bourget. A ce jour, il n’a pas confirmé sa participation au SIAL. Pourtant, l’automobile, c’est la moitié du chiffre d’affaires de l’agroalimentaire ! Les entreprises françaises de l’armement ne représentent qu’un tiers des emplois des entreprises de l’alimentation !

 

Un deuxième signal inquiétant est celui envoyé par la grande distribution à l’ensemble de la chaîne de l’alimentation, des agriculteurs aux entreprises de l’alimentation. Après un an d’efforts collectifs lancés par les États Généraux de l’alimentation, les tenants de la guerre des prix semblent avoir oublié leurs engagements. Alors que nous attendons des engagements forts de la part de la grande distribution pour soutenir les filières, nous faisons face à de nombreux atermoiements et craignons une multiplication des contournements.

 

Ces deux signaux nous renvoient une sombre image de la valeur donnée à notre alimentation : si nos produits ne valent pas qu’on vienne les saluer et si nos produits ne valent pas un juste prix, alors comment la France pourra-t-elle rester le pays du bien manger et du manger mieux ? Les 17 000 entreprises de l’alimentation vont prendre elles-mêmes les choses en main en faisant ce qu’elles font de mieux : innover, inventer, accélérer pour proposer encore plus de qualité et exporter !

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