Richard Girardot, guerrier affectif et éprouvé de Nestlé France

Article paru dans LSA à l’occasion de l’attribution des Trophées LSA de l’Innovation 2015

Le patron de Nestlé France, un champion de la gestion des marques, est un guerrier sensible qui a dû se frotter aux restructurations et… à la guerre des prix…

Il a une « gueule », comme on dirait au cinéma. L’acteur CEO – PDG – de Nestlé France, la soixantaine, laisse rarement ceux qui le rencontrent indifférents. Ni les industriels ni les distributeurs, parfois des amis, des ex-commerciaux, dont il a vu la bonne fortune s’envoler. Regard franc, mine enjouée, intelligence vive, batailleur, bretteur de premier ordre, commercial jusqu’au bout des ongles… C’est un «guerrier affectif» qui dirige la filiale du groupe leader mondial de l’alimentation, également leader en France, devant Unilever. Pas étonnant que le jury des Trophées de l’innovation LSA l’ait choisi comme « homme de l’année ». Un jury composé d’industriels –enthousiastes– et de distributeurs, sourire en coin, mais admiratifs. Pourquoi ? Pour son côté guerroyant, évidemment. Et sa sainte colère. Richard Girardot est le seul industriel d’envergure à être sorti du bois pour s’insurger, via les médias, contre la guerre des prix entre enseignes, qui lamine la valeur des marques, accusant aussi le ministère de l’Économie et l’Autorité de la concurrence de connivence ou d’inertie. Richard Girardot, c’est Don Quichotte de la Mancha, bataillant pour défendre son industrie, ses emplois. Le guerrier affectif est affecté, et ce n’est pas feint.

Son credo, l’image

Car tout le parcours de Richard Girardot a été fondé sur la réussite commerciale des marques, au bénéfice des sociétés, mais dont la distribution a aussi bien profité, tout comme le consommateur. Sur le terrain, en montant des têtes de gondole quand il était chez Sopad ou LU, ou en créant des publicités mémorables pour Gilbert Ducros ou Perrier, puis pour toutes les marques de Nestlé Waters Monde, Perrier, Vittel, et enfin la pépite Nespresso, dont il est devenu le directeur général au niveau mondial, unique grâce à l’image de Georges Clooney ou Jean Dujardin, avec une croissance de 20%. Créer de la « valeur partagée », via la publicité, via l’innovation, l’image, c’est son credo. Or, la guerre des prix qui sévit va dans le sens inverse. Il faut tailler dans les budgets, dans les emplois, dans les usines, ou réviser des périmètres. Il a 60 marques à gérer (Nescafé, Mousline, Herta…) et une grosse dizaine de milliers d’emplois à préserver. Assurément, le marché hexagonal est devenu un champ de mines. Il rage. Mais Nestlé France s’adapte. « Des crises, on en a connu quelquesunes depuis cent cinquante ans, nous sommes toujours là. »

LES DATES

1979-1992 Commercial au sein de la Société de produits alimentaires et diététiques (Sopad), filiale de Nestlé France, puis directeur produit de General Biscuit au sein d’Alsacienne Biscuit, directeur du département marketing de Ducros International, directeur marketing du groupe Perrier

1992-2000 Directeur commercial et marketing de Nestlé Waters France, puis directeur marketing et communication de Nestlé Waters Group

2000-2007 Directeur général de l’Unité d’affaires Perrier, puis directeur général de Nestlé Waters France

2007-12 DG de Nespresso au niveau mondial

Depuis 2012 PDG de Nestlé France

 

« Si certains pensent que notre poids économique facilite les relations commerciales, ils se trompent. Les entreprises gèrent les mêmes réalités sur le terrain. »

Richard Girardot, PDG de Nestlé France

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