La paix des prix n’aura pas lieu

« Aujourd’hui, les gens connaissent le prix de tout et la valeur de rien » disait Oscar Wilde. Pour y remédier en matière alimentaire, la loi annoncée par le président de la République et par le ministre de l’Agriculture viendra bientôt encadrer les promotions abusives sur les produits alimentaires en les limitant à hauteur de 34% de la valeur totale. Elle relèvera le seuil de vente à perte à 10% pour prendre en compte coûts de transport et logistiques.

En attendant, l’attitude des distributeurs expliquant que leurs engagements de mettre fin à la guerre des prix ne concernent que certains produits alimentaires, ou qu’ils ne font de grosses promotions qu’en période de soldes ressemble à une provocation. Nouveau concept, fruit d’une créativité débordante.

 

Intermarché tombe dans la provocation… Leclerc suit ! Intermarché relance !…

Je m’étonne qu’on s’indigne des cohues provoquées par une promotion de 70% sur un pot de Nutella alors que personne ne s’émeut que l’on trouve des épaules de porc à 1,49 euro le kilo chez Intermarché ou même à 1,28 euro chez Leclerc ?

C’est sans doute ce que M. Leclerc appelle « redonner de la valeur aux produits agricoles » tout en aidant les producteurs de porc qui « bradent » les kilos de porc en surstock !

 

Dimanche, le patron d’Intermarché expliquait au JDD que ce sont les producteurs agroalimentaires eux-mêmes qui lui proposent encore des promotions de 30 à 50 % ou qu’il était normal de maintenir ces promotions après la signature de la charte ! La seule vraie question est de savoir quel autre choix ils ont pour répondre aux exigences des distributeurs.

 

L’autorité du gouvernement est défiée.

Aujourd’hui, entre promotions folles et négociations délirantes, la guerre des prix s’enflamme dans la crainte qu’une loi vienne bientôt siffler la fin de la récréation !

Depuis 4 ans, que les prix des matières premières augmentent ou diminuent, les prix de vente aux enseignes sont à la baisse. Et le fait pour les distributeurs de sortir du chapeau quelques rares exceptions en espérant cacher la forêt de la réalité par un arbrisseau de vertu n’y change rien. La guerre des prix perdure en dépit des chartes signées ou lois à venir.

Il est temps que le non-respect des paroles données ait des conséquences. Le Président de la République l’a dit lui-même : « il faut nommer » !

Nommons donc ceux qui ont oublié les engagements qu’ils ont pris au travers de la charte de bonnes pratiques. Nommons ceux qui en France ou depuis des centrales d’achat délocalisées à Bruxelles exigent des déflations de 3 à 5%. Nommons ceux qui imposent avec ou sans le consentement de leurs fournisseurs des promotions hors normes.

 

La fin des négociations annuelles approche. Rendez-vous dans moins d’un mois.

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