La LME dynamitée ! Il faut vite construire l’après-guerre des prix

Après des mois de débats lors des Etats Généraux de l’Alimentation en 2017, le projet de loi Agriculture et Alimentation est discuté à l’Assemblée nationale depuis quelques jours.

Coup de tonnerre : le rapporteur Jean-Baptiste Moreau a fait adopter un amendement qui dynamite le cadre des relations commerciales tel qu’il existe depuis 2008. Concrètement le pilier central de la Loi de Modernisation de l’Economie de 2008, c’est-à-dire la convention unique et la négociation commerciale annuelle, n’existera plus pour les produits agricoles et alimentaires !…

Alors que tout le monde attendait tranquillement la traduction dans la loi des conclusions des EGA, les députés en ont décidé autrement. Notre environnement commercial, auquel nous étions habitués pour le meilleur mais surtout pour le pire, vient de voler en éclats !

Le premier enseignement de cette nouvelle, c’est qu’il y a une détermination forte afin d’en finir vite avec la guerre des prix. Le second effet immédiat de cette décision est de créer un peu plus l’incertitude dans un environnement déjà instable. Et je pense à toutes les entreprises agroalimentaires qui subissent l’extrême volatilité du coût des matières premières et à une règlementation chaque jour plus complexe.

A cela pourrait s’ajouter la disparition du cadre des relations commerciales avec la grande distribution dans lequel nous évoluons depuis 10 ans, alors que ce même projet de loi encadre davantage la relation avec notre amont agricole. Et je tiens à le rappeler ici, il ne s’agit pas d’un fait anodin pour nos activités.

 

Je compte sur la suite du débat parlementaire et sur la parole du gouvernement et de la majorité pour apporter au-delà de cet acte fort des réponses à ces questions clé :

  • Comment préparer les prochaines négociations commerciales ?
  • Comment envisager la nouvelle relation avec nos clients ?
  • Comment cette nouvelle donne va-t-elle nous aider à recréer efficacement de la valeur ?
  • Comment les pouvoirs publics s’organiseront pour continuer d’assurer l’équilibre des relations entre les agriculteurs, les industriels et la grande distribution ?

Cette décision renforce l’impératif d’une réponse collective de notre industrie, et peut nous offrir une opportunité sans précédent de repenser complètement notre modèle pour les prochaines années. Ce nouveau modèle devra mettre la création de valeur pour chaque maillon de la filière alimentaire au cœur de son ambition. Tel était d’ailleurs l’objectif initial des EGA dans lesquels nous nous sommes tous beaucoup investis.

Gageons que nous serons dans cette nouvelle donne, en mesure d’inventer un modèle durable dans lequel chaque acteur de la filière alimentaire pourra gagner correctement sa vie. Nous retrouverons alors collectivement le chemin de la maîtrise des coûts, de prix justes, de l’innovation, de l’investissement et de l’emploi. C’est à cette condition que nous continuerons d’offrir aux consommateurs des produits sûrs et sains, répondant à leurs attentes de qualité, de goût et de services et valorisant le travail des hommes et des femmes de la première industrie du pays.

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