La charge de Nestlé contre les distributeurs

Article paru dans “Le Figaro Economie” du 31/03/2015

Le PDG de la filiale française du groupe suisse, premier fournisseur des grandes surfaces de l’Hexagone, prend la parole pour dénoncer les pratiques des enseignes. Du jamais-vu dans la bataille entre les industriels et leurs clients.

Letessier, Ivan

AGROALIMENTAIRE Le sempiternel conflit entre distributeurs et industriels de l’agroalimentaire atteint des sommets. Il s’est renforcé ces dernières années avec la guerre des prix que se livrent Leclerc, Carrefour, Casino et Auchan.

Rendue plus facile avec la LME (loi de modernisation de l’économie) de 2008, cette bataille s’est intensifiée avec la crise. Avec le ralentissement de la croissance des ventes en grandes surfaces, gagner des parts de marchés est la seule façon de doper les ventes, et les enseignes doivent baisser les prix.

Pour y parvenir, les distributeurs font pression sur les industriels des produits de grande consommation afin de payer le moins cher possible. La tension est encore montée d’un cran en début d’année lors des négociations annuelles, avec les regroupements de centrales d’achat (Système U et Auchan, Casino et Intermarché, Carrefour et Cora).

Omerta enfin brisée

Un mois après la fin officielle de ces négociations sous haute tension, Richard Girardot, le PDG de Nestlé France, premier fournisseur de la distribution, brise pour la première fois l’omerta. Jusqu’ici, aucun industriel n’osait sortir du bois par crainte que ses produits soient déréférencés, une mesure de rétorsion classique des distributeurs ; seuls les patrons des organisations professionnelles (Ania et Ilec) s’exprimaient publiquement.

Vétéran de Nestlé, dont il a dirigé les filiales Perrier et Nespresso, Richard Girardot préside depuis début 2013 la filiale française, la troisième en chiffre d’affaires après les États-Unis et la Chine, du leader mondial de l’agroalimentaire. Dans un entretien au Figaro , ce Français décrit l’impact de cette guerre des prix sur les résultats de Nestlé France, qui risque du coup d’avoir à supprimer des postes, et appelle l’Autorité de la concurrence et la DGCCRF à se saisir du sujet. Enfin, le PDG explique pourquoi Nestlé a ouvert neuf usines en Europe depuis 2000, et aucune en France… I. L.

No Comments Yet.

Leave a Reply

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *