Halloween est fini : on arrête de se faire peur ?

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En cette fin d’année 2019, le « foodbashing » a atteint des sommets.

Comme si Halloween avait contaminé les esprits : il n’a jamais semblé aussi facile de faire peur à nos concitoyens. Pas une journée, pas une heure sans qu’un média, une association ne parte en croisade contre nos assiettes.

La recette est toujours la même.

Prenez une entreprise de l’alimentation. Forcément méchante, cynique, qui a l’outrecuidance de créer des emplois sur le territoire et de valoriser un savoir-faire.

Puis semez le doute :

faites une étude à charge, insérez des mots compliqués, utilisez le conditionnel, (superbe façon de semer le doute sans en porter la responsabilité), ne lésinez pas sur les raccourcis :  

Un exemple ?

L’ONG Foodwatch qui évoque « des huiles minérales » trouvées dans du lait infantile.  Pour l’ONG, le sujet est parfait : des bébés et des parents qui vont forcément s’angoisser. En amont Foodwatch a bien léché sa communication. Sur le document de presse, on voit des bouteilles de lait infantile couvertes d’un liquide noir, laissant penser à du pétrole. Effet garanti. L’association demande un rappel de ces produits.

Sauf que dès la publication des résultats, les pédiatres montent au créneau. Ceux qui s’expriment notamment dans les médias sont unanimes : il n’y a pas de danger pour la santé, compte tenu de la faible teneur des traces détectées…quand elles le sont réellement. L’association s’en fout. Entre temps, elle a fait son coup.

Elle n’est pas la seule. Car le seul objectif dorénavant est le buzz. Surtout quand on n’a rien à se mettre sous la dent.  Un exemple : la CLCV, une association autoproclamée « de défense du consommateur », décide en octobre de lâcher un gros scoop. 

Préparez-vous : les barres et gâteaux aux fruits ne contiennent… pas tous le même pourcentage de fruits. Après une étude fouillée, le verdict tombe :  un gâteau fourré aux fruits peut ainsi contenir 45% de fruits, une tartelette 25% de fruits, ou un cookie seulement 4%. Et oui, c’est ce qu’on appelle une recette. Et je révèle aujourd’hui un autre scoop. Un marbré au chocolat contiendra toujours moins de chocolat qu’un fondant au chocolat…

Mais pour la CLCV l’important est de faire parler d’elle :  le mot « méfiance » s’invite à tous les étages de leur communiqué.

Ces exemples ne sont qu’une illustration de cette mode moutonnière qui frappe aveuglément, qui fait l’amalgame entre quelques brebis galeuses et les milliers d’entreprises vertueuses. 

Pour tout dire, ce foodbashing permanent devient totalement écœurant. 

Ecœurant pour les 427 000 salariés des entreprises de l’alimentation qui font au quotidien leur métier avec passion. Qui cherchent avant tout à travailler en valorisant un savoir-faire de qualité.  Qui réalisent chaque jour des progrès afin d’offrir des produits bons, plus sains et à portée de chacun.

Ecœurant pour les consommateurs fatigués de ces marchands qui, loin d’éclairer leurs choix, ne font qu’ajouter de la confusion en mélangeant questions légitimes et coups de com’ permanents.

Pour les médias enfin : parce que tout ce qui est excessif est vain. Et qu’à force de tirer sur la corde un peu facile du « foodbashing », ils verront les téléspectateurs douter de leur partialité.

Alors, après Halloween, si collectivement on arrêtait de jouer sur les peurs ? 

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