Grand dîner de l’ANIA 2019

Mardi 3 juillet s’est tenu au Pavillon Gabriel le grand dîner de l’Ania en présence notamment de Didier Guillaume, ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation, d’Agnès Pannier-Runacher, secrétaire d’État auprès du ministre de l’Économie et des Finances, et de Jean-Baptiste Lemoyne, secrétaire d’État auprès du ministre de l’Europe et des Affaires étrangères de Jean-Yves Le Drian.

L’occasion pour Richard Girardot de s’exprimer lors d’un discours introductif.

Grand dîner de l’ANIA 2019

Mercredi 3 juillet 2019

Bonsoir Monsieur le Ministre,

Bonsoir cher Didier, monsieur le Ministre de l’Agriculture, 

Très cher Monsieur Guillaume, Ministre de l’Alimentation, 

Chers parlementaires,

Chers représentants de l’État, 

Chers collègues de la filière, 

Chers fidèles partenaires présents ce soir : 

AG2R, Crédit Agricole, E&Y, BWT, Mérieux NutriSciences, et Nielsen

Chers amis, 

Et si ce soir nous faisions une trêve ?

Si ce soir, nous mettions le plaisir et l’unité au centre de nos tables ? 

Si tout simplement, nous décidions d’être bien dans nos assiettes.

Bien-sûr, j’aurais pu tirer parti de cette prestigieuse audience pour reprendre mon bâton de pèlerin et égrener mes arguments préférés.

J’aurais pu parler du « marketing de la peur », de la guerre des prix, du bien-être animal, des contenants et des emballages.

J’aurais évoqué les batailles de l’ANIA ces 12 derniers mois. 

  • Un plan d’actions offensif pour lutter contre tous ceux qui s’appuient sur le « foodbashing » pour en faire leur fonds de commerce.
  • Une information et des services directs pour chacun de nos adhérents quand ils savent que cela existe.
  • L’assistance et la formation concernant les ordonnances issues de la loi Egalim.
  • Le renforcement de notre pôle affaires publiques.
  • Notre disponibilité vis-à-vis de l’administration pour défendre nos propositions.

Bref, j’aurais évoqué nos batailles quotidiennes.

Je me serais fait le porte-parole des chefs d’entreprise que je connais bien. 

Je sais vos inquiétudes comme vos combats. 

Mais ce soir, je voudrais parler de ce qui devrait nous unir au-delà de nos différences.

Oui, bien-sûr, nos métiers sont multiples.

Oui, le jeu collectif est un art qui combine exigence et manière.

Nous le savons bien à l’ANIA. J’en profite pour remercier les 24 personnes de l’équipe de l’ANIA pour leur implication quotidienne.

Chez nous, ce sont 440 000 salariés que nous défendons quotidiennement. 

Et comme dans toute grande famille, nos discussions sont parfois animées. 

Il faut faire preuve de compromis. 

La tentation du cavalier seul est parfois forte. 

Mais, quand les cabinets ministériels, dans une confidence, vous glissent, 

  • Qu’à l’ANIA, on sait défendre notre bout de gras ; 
  • Que notre unité constitue une force de frappe incomparable ; 

Alors, on comprend que définitivement le jeu collectif a plus de valeur que les tactiques individuelles. 

N’oublions jamais : 

Le poison de la division est la seule chose qu’attendent nos détracteurs.

« La tentation du Brexit » se retourne toujours contre ceux qu’on prétend défendre ! 

Ceux qui attaquent le modèle français de l’alimentation tirent tantôt sur l’agriculture, tantôt sur nos entreprises, tantôt sur les distributeurs.

Mais en tapant sur l’un ou sur l’autre, c’est toujours l’ensemble de la filière qu’ils fragilisent. 

La vérité, la stricte vérité, c’est que seuls, à terme, nous sommes morts.

Et pour éviter cela, nous n’avons pas d’autre choix : agir ensemble. 

Alors ce soir, rêvons tout haut.  Et si, tous ensemble nous faisions « l’union » ? 

  • « L’union » entre toutes les entreprises de l’alimentation.
  • « L’union » entre tous les intervenants de la chaîne de valeur : les métiers de l’agriculture et de l’élevage, les entreprises de l’alimentation et ceux de la distribution.
  • « L’union » prolongeant une réalité déjà en germe : l’esprit des EGA et la loi EGALim. 
  • « L’union » au bénéfice de nos consommateurs.

L’union est non seulement possible. Elle est indispensable. 

Car, avouons-le : agriculture, industrie, distribution : nous formons un compagnonnage particulier, qui se connaît par cœur, qui s’engueule parfois, mais partage tellement en commun.

Nous devons nous réinventer et faire évoluer notre modèle.

Au fond de nous, l’ambition est identique : permettre à chaque consommateur d’être bien dans son assiette !

Nous sommes liés par une chaîne de solidarité qui nous engage, qui engage particulièrement, tous les ouvriers, employés et artisans de notre industrie. Ce sont les maillons d’une fantastique épopée alimentaire au service du « bien-manger » pour tous.

Ce plaisir que nous offrons, c’est aussi une immense responsabilité. 

  • Responsabilité écologique d’abord.

Oui, l’empreinte écologique de nos usines, les emballages, mais aussi le gaspillage alimentaire nous concernent au premier chef. Certes l’industrie agro-alimentaire ne représente que 2% des déchets alimentaires sur l’ensemble du cycle de vie des produits. Mais nous devons toujours faire mieux !

C’est d’ailleurs le sens de l’expérimentation « Moins de pertes et gaspillages alimentaires pour plus de performance » menée dans 19 sites industriels en partenariat avec l’ANIA.

  • Responsabilité sociale sur l’emploi ensuite.

Au-delà des demandes de nos autorités de tutelle, nous avons une responsabilité pour recruter, former, sur l’ensemble de nos sites aux 4 coins de nos régions.

Et nous agissons concrètement, en commençant dans les Hauts-de-France, en partenariat avec l’Etat, la Région et l’UIMM.

  • Responsabilité sur les enjeux de sécurité enfin.

C’est une obsession écrasante. 

Ce poids nous l’assumons. C’est notre métier. C’est notre exigence.

Mais quand j’entends dire que nous ne serions pas des acteurs responsables, franchement, j’ai du mal à me contenir. Comme vous l’avez constaté !

Allez sur nos sites de production, regardez nos matières premières, leurs origines, les process, notre traçabilité, parlez avec les responsables des sites de production : nous sommes des moines soldats de la sécurité alimentaire !

C’est la raison pour laquelle la France est seconde mondiale en termes de sécurité alimentaire. Et le travail de chacun d’entre vous permettra, j’en suis sûr, de devenir premier. 

Et nous mettrons les ressources indispensables au niveau de notre engagement avec la création d’un comité de déontologie, véritable organe de contrôle objectif de nos produits.  

Pour relever ces défis, pour ne renoncer ni au plaisir, ni à la sécurité, ni à l’environnement, ni aux impératifs sociaux, chacun expérimente des chemins différents. Pour certains, cela prend la voie du bio, d’autres celle du premium, d’autre encore, celle de l’authenticité du local…

Cette quête vers toujours plus de plaisir, elle doit nous réinstaller en position de leader à l’export et à l’international. 

Et en termes d’export, le premier pays que nous devons reconquérir c’est la France. 

Oui, je suis chauvin et je le dis : nos performances commerciales ne sont pas au niveau de notre excellence alimentaire.

Nous avons l’une des meilleures cultures culinaires au monde. 

Nous avons la diversité, le goût, les talents, les marques, les produits. 

Nous avons les matières premières et l’infrastructure industrielle. 

Nous avons un peuple de passionnés, 67 millions d’ambassadeurs, nos consommateurs, qui aiment profondément la nourriture et sa diversité. 

Notre place, la seule place qui doit nous échoir : le toit du monde alimentaire ! 

Il n’y a aucune raison pour que seulement 2 entreprises sur 10 exportent.

Inspirons-nous de nos amis, et avant tout concurrents italiens qui savent unir leurs forces. 

« Quand nous disons que c’est impossible, c’est que nous avons déjà décidé que nous ne voulions pas le faire ». 

Spinoza le disait déjà. 

Chasser en meute doit être notre mot d’ordre.

Ceci pour faire rayonner notre alimentation et remplir nos usines. 

Soyons-unis pour générer plus de croissance, plus d’emplois, plus de richesses sur tous nos territoires de France. 

Osons vraiment le pari de l’union !

Faisons-la avec toutes les bonnes volontés, de la chaîne alimentaire, 

Ensemble, osons être à la hauteur !

« L’histoire nous sera favorable, car nous allons l’écrire ensemble ».

Merci à vous. 

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