EGA, « Jour J » : les torpilles sont de sortie !

On ne change pas les bonnes habitudes.

Ce vendredi 1er février, rentre en vigueur la loi « Agriculture et Alimentation » sur son volet hausse du seuil de revente à perte de 10%. Cette hausse a pour but d’aboutir à un relèvement des prix agricoles payés aux producteurs car, dans le même temps, les distributeurs augmenteront leurs marges sur une série de produits d’appels.

Pour les professionnels qui veulent le comprendre et le faire fonctionner, ce mécanisme est évident. Il peut être une première réponse au cauchemar que vivent les producteurs agricoles depuis des décennies.

Chez les torpilleurs de service, qui ont enterré l’esprit des États Généraux de l’Alimentation à la sortie des ateliers, on feint de ne pas saisir le mouvement. Le vent de l’information va dans leur sens. Quel plaisir de pouvoir hurler à la baisse du pouvoir d’achat, à l’escroquerie des consommateurs !

Certains distributeurs ne nous ont pas déçus. Il y a ceux qui font les candides sur les plateaux TV. D’autres se fendent de catalogues en forme de provocation (en contournant déjà la loi avec des rabais sur des cartes de fidélité). Mais à ça, nous nous y attendions.

Ce qui déçoit, c’est que le fond du débat disparaît peu à peu. Que dire du Parisien qui fait sa une sur « Pourquoi les prix vont augmenter ? » avec en chiffre, énorme, le couperet qui s’abat : 6,3%. Pourquoi ? Pour qui ? Pour taxer les consommateurs ? Pour accomplir quelque chose de plus grand et de plus salutaire pour le pays ? N’attendez pas de réponse. Ce quotidien ne donne la parole ni aux producteurs agricoles, ni aux entreprises de l’alimentation, ni aux rédacteurs de la loi.

Le marketing de la peur est tellement plus facile.

En parallèle, les torpilleurs des Etats Généraux de l’Alimentation s’agitent aussi sur les négociations commerciales. « Amis producteurs agricoles et agroalimentaires, non seulement nous allons contourner la loi qui peut vous aider, mais en plus nous continuons à vous essorer dans les boxs de négociation ! »

Nous, entreprises de l’alimentation, en solidarité avec les filières, exigeons de la fermeté et de la transparence dès les premiers jours d’entrée en vigueur de la loi. Nous attendons aussi un peu de courage de la part des distributeurs. Au lieu de se réfugier derrière les consommateurs pour masquer leurs propres excès, qu’ils rentrent dans le débat ! qu’ils nous expliquent comment ils vont mieux rémunérer les agriculteurs, et pas seulement par des coups de com qui concernent une infime part des produits agricoles !

Arrêtons de se mentir !

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