C’est qui le patron ?

Le 11 octobre 2017, le Président de la République dans son discours de Rungis énonçait ses premières conclusions relatives aux Etats Généraux de l’Alimentation. Il y posait clairement les principes d’une réévaluation des seuils de revente à perte et de l’encadrement des promotions pour mettre fin à la guerre des prix qui détruit tant de valeur pour l’ensemble des acteurs de la chaîne alimentaire.

 

Le 15 novembre 2017, le Ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation saluait la signature d’une charte d’engagements sur le sujet comme « un accord historique engageant moralement et politiquement l’ensemble des acteurs de la chaîne alimentaire » s’appuyant concrètement sur la concertation, la confiance et le combat.

Qu’il s’agisse de Carrefour, Leclerc, Intermarché, Casino, Auchan ou Système-U, cette charte fut signée par l’ensemble des patrons de la distribution.

Pour rappel, elle prévoyait notamment de mettre immédiatement en œuvre les principes et propositions issus des premiers Etats Généraux de l’Alimentation.

 

A peine deux mois se sont écoulés, et l’ensemble de ces engagements sont bafoués.

  • Dans le cadre des négociations commerciales annuelles, toutes les enseignes demandent une fois encore des baisses de prix…. qui viendront une année de plus détruire de la valeur et alimenter la guerre des prix,
  • Concernant le seuil de revente à perte, je m’interroge lorsque je vois des offres promotionnelles à 70% de réduction immédiate chez Intermarché ?
  • Quant aux promotions en général qui devaient se limiter en volume et en valeur que penser des catalogues du moment qui proposent au-delà d’Intermarché, du – 50% chez Carrefour, du 1+1 gratuit chez Géant Casino ou encore 40% de remise immédiate chez Cora ? Toutes ces promotions sont évidemment annoncées à coup de dépenses publicitaires énormes et semblent bien loin des engagements de retour à la raison pris par les enseignes vis-à-vis des plus hautes autorités de l’Etat (-34%).

 

Seule contre tous, la distribution poursuit sa fuite en avant d’une guerre des prix qui met à genoux agriculteurs et industriels. Visiblement, un engagement moral n’a pas force de loi dans notre pays. C’est dommage car la confiance et le contrat sont les bases de toute relation commerciale.

 

Alors je pose la question : c’est qui le patron ?

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