Mobiliser l’épargne populaire pour sauver nos agriculteurs – Rodolphe Durand / Les Echos

Je me suis déjà longuement exprimé sur ce blog concernant la crise agricole et les obstacles à la reconstruction de filières d'excellence qui permettent aux agriculteurs de vivre de leur travaille. Je partage aujourd'hui la tribune de Rodolphe Durand, professeur à HEC, publiée dans les Echos, pour créer un système d'épargne populaire en direction des exploitations agricoles. Lien vers l'article original.   "En 2014, l’investissement matériel des agriculteurs a fléchi de 5,2 %. La France pourrait créer un système proche des Sofica, comme pour le cinéma. Ces instruments défiscalisés financeraient la modernisation des exploitations. En 2014, l’investissement matériel des agriculteurs a fléchi de 5,2 %. La France pourrait créer un système proche des Sofica, comme pour le cinéma. Ces instruments défiscalisés financeraient la modernisation des exploitations. La crise du monde agricole est d'une intense gravité. Elle est sociale, alimentant le désespoir de nombreux professionnels : en 2015, un agriculteur sur trois a gagné moins de 350 euros par mois. ...

Crise agricole : 5 milliards de perdus pour eux, pour vous, pour nous, pour tout le monde ?

L’agriculture française va subir des pertes de 4 à 5 milliards d’euros en 2016 selon le principal syndicat des exploitants, la FNSEA. Ce rappel brutal qui intervient au cœur de l’été passera sûrement assez inaperçu dans une actualité qui a laissé passer la crise agricole depuis quelques mois. La crise agricole, elle, n’est pas passée. Pire, ce n’est pas simplement une crise agricole. C’est une crise économique qui aura un impact bien plus grave que ces milliards d’euros perdus par plusieurs dizaines de milliers d’exploitations. Ce sont des milliards perdus pour eux, oui, mais aussi pour vous, les consommateurs, pour nous les industriels. Je pense que dans une situation pareille, chacun a le devoir de s’exprimer et d’identifier de son point de vue les blocages qui maintiennent cette crise permanente depuis trop longtemps. Pour eux Les agriculteurs n’avaient jusqu’ici pas été épargnés par les contraintes économiques qui pèsent sur leur filière, à savoir ...

Quand les caméras partent, Michel-Edouard Leclerc se lâche sur la filière agroalimentaire

Michel-Edouard Leclerc a un problème avec l’agroalimentaire et il le fait savoir. Dans une interview au magazine LSA du 26 mai 2016, le chantre de la guerre des prix s’en prend violemment à notre filière, coupable selon lui de ne pas se laisser faire quand la grande distribution lui impose une baisse des prix à marche forcée et menace gravement la survie de milliers d’emplois. « C’est pas moi, monsieur, c’est les autres ! » Comme toujours avec le président du deuxième groupe de la grande distribution en France, chacun en prend pour son grade et rien ne peut lui être reproché. Les agriculteurs ont une offre « tellement en retard qu’il faut aller la chercher chez nos voisins européens ». Chez les producteurs agroalimentaires, « les gros se sont planqués derrière les petits ». Les représentants des producteurs de tous horizons (FNSEA, ANIA, Coop de France) forment une « alliance contrenature ». Michel-Edouard Leclerc ne fait pas dans la dentelle pour ...

« Les prix vont devoir réaugmenter dans les 18 mois » – Mon intervention sur Europe 1

Dimanche 17 avril, j'étais l'invité d'Europe 1 dans l'émission EcoSystème animée par Emmanuel Duteil. Je suis revenu sur les négociations que j'avais déjà décrites ici, en rappelant que pour Nestlé cela représentait une baisse des prix de 10% depuis 3 ans. Pour certains produits comme Ricoré, le prix a baissé jusqu'à 40 centimes alors que dans le même temps le prix des matières premières a augmenté. "Depuis 3 ans, les prix chez @NestleFr ont baissé en moyenne de 10%" Richard Girardot, PDG #E1eco — Europe 1 (@Europe1) April 17, 2016 J'ai rappelé l'environnement dans lequel évoluent ces négociations, avec un regroupement des centrales d'achat des distributeurs qui les met en position de force. Les négocations avec les distributeurs dans l'alimentation : "la menace de dé-référencement existe pour tous" R. Girardot PDG de @NestleFr — Emmanuel Duteil (@EmmanuelDuteil) April 17, 2016 J'ai souligné que les prix devaient remonter car la survie de nombreux petits producteurs est en danger. "Les prix vont remonter ...

Négociations : un an après, rien n’a changé. Nous savons par quoi commencer

Cela fait un an que j’ai tiré le signal d’alarme et dénoncé les conditions dans lesquelles se déroulent les négociations entre les industriels et producteurs de l’agroalimentaire d'une part et la grande distribution d'autre part. Cela fait un mois que de nouvelles négociations ont eu lieu. Elles se sont clôturées avec le même constat, la même tristesse et les mêmes perspectives, de plus en plus alarmantes pour notre filière et tous ses emplois. D’abord, parlons de la méthode. L’ambiance de garde à vue que je décrivais n’a pas cessé, bien au contraire. Un patron de l’agroalimentaire a décrit sur RTL avec les mots les plus crus les négociations de cette année : « Des convocations le matin à 7:30 dans un box soit surchauffé soit glacial avec dans un premier temps des heures d’attente, ensuite 15 personnes qui débarquent, qui hurlent et qui insultent. » « Un climat de garde à vue , ...

Europe 1 – Richard Girardot rappelle les engagements de Nestlé pour la filière porcine

Invité de Jean-Michel Aphatie à "Europe midi" le 15 février, j'ai répondu à ses questions concernant la crise du porc et les propos du PDG du groupe système U Serge Papin accusant Herta de rechercher le "moins disant" à l'étranger au détriment du porc français. J'ai souligné que ce n'était pas le moment de polémiquer en plein milieu de la crise mais de proposer rapidement des solutions. Nestlé France s'est engagé au travers d'Herta à soutenir la filière porcine française. Nous nous sommes engagés à augmenter massivement la proportion de porc français dans nos produits. C'est chose faite avec plus de 50% de nos produits faits de porc français à la fin 2015 contre 20% auparavant. Nous nous sommes engagés à acheter le porc français au prix demandé par les agriculteurs. C'est chose faite avec un porc français acheté à 1,26€/kilo plus une prime d'engagement de 11 centimes par Herta alors que le cours ...

Fleury Michon (aussi) veut faire cesser la guerre des prix

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David Garbous, directeur stratégique de Fleury Michon, s'est exprimé sur le plateau de LCI, à propos de la crise que traverse le secteur agricole, et prône une alternative à la guerre des prix. Selon lui, la compétitivité-prix n'est pas la solution pour sortir de l'impasse, il faut miser sur une alimentation de qualité : "J’ai le sentiment qu’on est au bout d’un système à chercher une solution qui est la voie du prix. La conviction que l’on a chez Fleury Michon c’est qu’il y a une autre voie, une voie de sortie par le haut qui consiste à proposer à l’ensemble des acteurs, aux agriculteurs, aux industriels et aux producteurs, une alimentation de qualité au quotidien. Le sujet doit être « le manger mieux »" Crise agricole : Fleury Michon propose une "alimentation de meilleure qualité", une "voie de sortie par le haut" sur WAT.tv   Régis Lebrun, directeur général de Fleury Michon a déclaré cette semaine ...

Le Président de Monoprix dénonce la guerre des prix

Stéphane Maquaire, président du grand groupe de distribution Monoprix, s'est exprimé sur Europe 1 à propos de l'évolution inquiétante du secteur de la grande distribution dans le contexte de guerre des prix. Il s'est opposé à la course effrénée vers la baisse des prix : "On ne peut pas baisser les prix systématiquement. La consommation collective est en train de s’appauvrir à vouloir en permanence être sur le prix le plus bas, le plus bas, le plus bas." Il a mis en avant l'ambition de son groupe de préférer la qualité à la compétitivité prix :  "Monoprix propose autre chose que simplement la bataille des prix. Que compare-t-on réellement ? Prenons les œufs par exemple. Nous, nous avons retiré les œufs élevés en batterie. Nous sommes les seuls à avoir une offre mode et beauté aussi large. Et sur l'alimentation, nous avons une qualité inégalable". Un nouvel allié pour les producteurs ?

« Nous dénonçons une situation de concurrence anormale » – Interview parue dans Le Figaro

Interview parue dans "Le Figaro Economie" du 31/03/2015 Lentschner, Keren, Letessier, Ivan LE FIGARO. - La guerre des prix a relancé les ventes en volume l'an passé, notamment celles des grandes marques. Comment Nestlé France en a-t-il profité ? Richard GIRARDOT. - En volume, le marché a été bon au second semestre, avec une meilleure consommation, sans vraie reprise. Mais il y a eu une dégradation en valeur, personne ne peut le nier. Chez Nestlé, ce n'est pas avec les volumes que nous analysons notre performance : nous regardons, en particulier, si l'évolution de notre chiffre d'affaires couvre l'inflation des matières premières. En 2014, cela n'a absolument pas été le cas. Nous avons écrasé nos marges pour continuer à être référencés chez les distributeurs. Ces derniers ont écrasé, eux aussi, leur marge sur nos produits, ce qui leur a permis de baisser de 7 % les prix des produits leader, comme Ricoré ou Mousline. Le pouvoir d'achat a ...

La charge de Nestlé contre les distributeurs

Article paru dans "Le Figaro Economie" du 31/03/2015 Le PDG de la filiale française du groupe suisse, premier fournisseur des grandes surfaces de l'Hexagone, prend la parole pour dénoncer les pratiques des enseignes. Du jamais-vu dans la bataille entre les industriels et leurs clients. Letessier, Ivan AGROALIMENTAIRE Le sempiternel conflit entre distributeurs et industriels de l'agroalimentaire atteint des sommets. Il s'est renforcé ces dernières années avec la guerre des prix que se livrent Leclerc, Carrefour, Casino et Auchan. Rendue plus facile avec la LME (loi de modernisation de l'économie) de 2008, cette bataille s'est intensifiée avec la crise. Avec le ralentissement de la croissance des ventes en grandes surfaces, gagner des parts de marchés est la seule façon de doper les ventes, et les enseignes doivent baisser les prix. Pour y parvenir, les distributeurs font pression sur les industriels des produits de grande consommation afin de payer le moins cher possible. La tension est encore montée ...