C’est qui le patron ?

Le 11 octobre 2017, le Président de la République dans son discours de Rungis énonçait ses premières conclusions relatives aux Etats Généraux de l’Alimentation. Il y posait clairement les principes d’une réévaluation des seuils de revente à perte et de l’encadrement des promotions pour mettre fin à la guerre des prix qui détruit tant de valeur pour l’ensemble des acteurs de la chaîne alimentaire.   Le 15 novembre 2017, le Ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation saluait la signature d’une charte d’engagements sur le sujet comme « un accord historique engageant moralement et politiquement l’ensemble des acteurs de la chaîne alimentaire » s’appuyant concrètement sur la concertation, la confiance et le combat. Qu’il s’agisse de Carrefour, Leclerc, Intermarché, Casino, Auchan ou Système-U, cette charte fut signée par l’ensemble des patrons de la distribution. Pour rappel, elle prévoyait notamment de mettre immédiatement en œuvre les principes et propositions issus des premiers Etats Généraux de l’Alimentation.   A peine deux ...

Sur les Etats Généraux de l’Alimentation, je mets un 5 !

5 mois pour consulter 5 milliards d’€ à investir Un message reçu 5/5 5 centrales d’achat réceptives ?   Etats Généraux sur le fond, #Egalim sur la forme L’alimentation a suscité un débat passionné auprès des Françaises et des Français. Ce débat était indispensable pour soutenir le monde agricole, des crises à répétition qui touchent l’ensemble de la filière. Merci au gouvernement d’avoir permis à tous les acteurs de l’agro-alimentaire de réfléchir ensemble à l’avenir de ce secteur. Et sur la forme, de lui avoir donné l’écho médiatique et populaire qu’elle mérite. Je tiens véritablement à souligner la qualité des débats lors des ateliers, et la qualité des interventions médiatiques de nos politiques qui vont dans le bon sens, celui du monde agricole. Les Etats Généraux de l’Alimentation ont ainsi pu vivre sur le fond et sur la forme. Et cela va dans le bon sens, celui du monde agricole.   Un Salon de l’Agriculture sous le signe des « Terres Agricoles ...

Enfin !… Merci MEL !

Michel-Edouard Leclerc a répondu vendredi dernier à mon billet de blog sur les œufs contaminés. Il y précise que Nestlé a été exemplaire dans la transmission des informations sur nos produits. Je l’en remercie doublement. Il insiste à juste titre sur la transparence dont doivent faire preuve tous les producteurs agroalimentaires, ceux de la grande distribution compris avec leurs marques distributeurs violemment touchées dans cette crise. MEL a raison. Je le rejoins là-dessus et j’ajoute que nous (distributeurs et producteurs) devons être solidaires face à des « escrocs » pour qui la sécurité alimentaire ou des milliers d’emplois ne pèsent pas grand-chose. Dans le cas du Fipronil, comme dans celui de la viande de cheval, l’arnaque est venue de l’étranger et a touché des producteurs français qui s’approvisionnent dans ces pays. Au-delà de ces efforts communs, le message qui nous est envoyé c’est de continuer à privilégier la production française et de soutenir l’agriculture de qualité ...

Affaire des œufs contaminés – Les regrettables propos de M. Leclerc

Le lancement des Etats Généraux de l’Alimentation fin juillet par le Président de la République a un instant donné le sentiment que l’ensemble de la filière de production et distribution alimentaire s’accordait sur le fait que cinq années de guerre des prix entre enseignes devenait autant un risque pour l’emploi que pour la qualité des produits. Début août, l’affaire des œufs contaminés au Fipronil aurait dû renforcer ce sentiment au regard du nombre de distributeurs touchés par ce problème sur les gaufres vendues sous leurs marques. Ce réflexe collectif aurait été d’autant plus facile que les approvisionnements massifs de l’industrie agro-alimentaire française auprès d’élevages français limitaient considérablement le nombre de produits à risque. Hélas, Michel-Edouard Leclerc a trouvé plus pertinent d’essayer, sur son blog, d’exonérer son groupe de toute responsabilité en détournant les soupçons vers l’ensemble de l’industrie agro-alimentaire et son association professionnelle, relativisant ainsi les problèmes de ses marques Repère ou Eco+. Cela ...

M. le Président Macron, on ne peut plus avoir le beurre, l’argent du beurre… et la laitière !

Ce 20 juillet débutent les états généraux de l’alimentation auxquels Nestlé prendra part avec les autres acteurs de l’agroalimentaire. Le lancement de ces rencontres est un signal fort envoyé en début de mandat. L’alimentation est plus qu’un enjeu économique. C’est un projet de société. Nous savons que notre alimentation détermine en grande partie notre exposition aux maladies, notre espérance de vie, notre activité physique et professionnelle et tout aussi notre état d’esprit au quotidien. Et pourtant, l’alimentation et l’agriculture en France sont en plein paradoxe dans la situation vécue chaque jour depuis plusieurs années par les producteurs. Paradoxe n°1 : défendre l’alimentation de qualité sans payer les producteurs Nous sommes totalement rentrés depuis quelques années dans le monde du sans : sans sucre, sans sel, sans graisse, sans gluten, sans lactose, sans nitrites, etc. Sur le fond, ces tendances sont saines. L’amélioration de la nutrition est fondamentale pour réussir à passer un nouveau cap dans ...

5 ans (maximum) pour unir et apaiser !

Fidèle au respect du « devoir de réserve » que devrait conserver tout dirigeant d’entreprise soucieux de ne pas engager son groupe et ses collaborateurs, j’ai souhaité attendre le terme de cette campagne électorale avant de m’exprimer publiquement sur ce blog. Le visage et le projet de notre prochain Président de la République étant désormais connus de tous, je tiens à partager avec vous mes sentiments sur cette campagne électorale et sur les défis majeurs qui attendent maintenant Emmanuel Macron. Je pense d’abord et avant tout à nos agriculteurs, dont le sort n’a rien à envier aux ouvriers de Whirlpool, de Goodyear ou d’Alstom et qui ont pourtant été largement relégués au second plan du débat politique ces derniers mois. J’ai été peiné de voir que malgré cet état de crise agricole durable, marqué par les faillites, les pertes d’emplois et de parts de marché de l’agriculture et de l’industrie alimentaire française face ...

Ce soir, un ami est parti

Ce soir, un combattant est parti, qui s’est battu passionnément pendant 17 ans pour le monde qu’il aimait, celui de l’agriculture. Ce soir, un grand dirigeant est parti, un des rares qui aient une vraie capacité à entretenir et renforcer un dialogue de plus en plus important dans la filière agricole et agroalimentaire. Ce soir, un défenseur acharné des agriculteurs et du monde paysan est parti. Il a toujours défendu, quoiqu’on en dise, les exploitants, petits et grands, frappés par une crise durable. Il le disait très récemment sa dernière interview au « Figaro » en décrivant son ambition « immense » pour une politique de l’offre. « Pour réussir, », disait-il, « elle doit impliquer tous les acteurs de la chaîne agroalimentaire, des producteurs jusqu'aux distributeurs en passant par les industriels : quand sonne le tocsin, la mobilisation doit être collective. ». Il a su construire une vision basée sur la fierté d’être agriculteurs pour tous ceux qui exercent ce métier. Une ...

Mobiliser l’épargne populaire pour sauver nos agriculteurs – Rodolphe Durand / Les Echos

Je me suis déjà longuement exprimé sur ce blog concernant la crise agricole et les obstacles à la reconstruction de filières d'excellence qui permettent aux agriculteurs de vivre de leur travaille. Je partage aujourd'hui la tribune de Rodolphe Durand, professeur à HEC, publiée dans les Echos, pour créer un système d'épargne populaire en direction des exploitations agricoles. Lien vers l'article original.   "En 2014, l’investissement matériel des agriculteurs a fléchi de 5,2 %. La France pourrait créer un système proche des Sofica, comme pour le cinéma. Ces instruments défiscalisés financeraient la modernisation des exploitations. En 2014, l’investissement matériel des agriculteurs a fléchi de 5,2 %. La France pourrait créer un système proche des Sofica, comme pour le cinéma. Ces instruments défiscalisés financeraient la modernisation des exploitations. La crise du monde agricole est d'une intense gravité. Elle est sociale, alimentant le désespoir de nombreux professionnels : en 2015, un agriculteur sur trois a gagné moins de 350 euros par mois. ...

Crise agricole : 5 milliards de perdus pour eux, pour vous, pour nous, pour tout le monde ?

L’agriculture française va subir des pertes de 4 à 5 milliards d’euros en 2016 selon le principal syndicat des exploitants, la FNSEA. Ce rappel brutal qui intervient au cœur de l’été passera sûrement assez inaperçu dans une actualité qui a laissé passer la crise agricole depuis quelques mois. La crise agricole, elle, n’est pas passée. Pire, ce n’est pas simplement une crise agricole. C’est une crise économique qui aura un impact bien plus grave que ces milliards d’euros perdus par plusieurs dizaines de milliers d’exploitations. Ce sont des milliards perdus pour eux, oui, mais aussi pour vous, les consommateurs, pour nous les industriels. Je pense que dans une situation pareille, chacun a le devoir de s’exprimer et d’identifier de son point de vue les blocages qui maintiennent cette crise permanente depuis trop longtemps. Pour eux Les agriculteurs n’avaient jusqu’ici pas été épargnés par les contraintes économiques qui pèsent sur leur filière, à savoir ...

Quand les caméras partent, Michel-Edouard Leclerc se lâche sur la filière agroalimentaire

Michel-Edouard Leclerc a un problème avec l’agroalimentaire et il le fait savoir. Dans une interview au magazine LSA du 26 mai 2016, le chantre de la guerre des prix s’en prend violemment à notre filière, coupable selon lui de ne pas se laisser faire quand la grande distribution lui impose une baisse des prix à marche forcée et menace gravement la survie de milliers d’emplois. « C’est pas moi, monsieur, c’est les autres ! » Comme toujours avec le président du deuxième groupe de la grande distribution en France, chacun en prend pour son grade et rien ne peut lui être reproché. Les agriculteurs ont une offre « tellement en retard qu’il faut aller la chercher chez nos voisins européens ». Chez les producteurs agroalimentaires, « les gros se sont planqués derrière les petits ». Les représentants des producteurs de tous horizons (FNSEA, ANIA, Coop de France) forment une « alliance contrenature ». Michel-Edouard Leclerc ne fait pas dans la dentelle pour ...