A la recherche de l’argent (perdu) des Français

Quelque chose ne tourne pas rond dans la chaîne de l’alimentation française. Commençons par rappeler les maillons de cette chaîne : Les consommateurs achètent des produits à des distributeurs (supermarché, hypermarché, épicerie, etc.).Les distributeurs achètent eux-mêmes les produits aux entreprises de l’alimentation qui les fabriquent ou directement aux producteurs agricoles et coopératives.Les entreprises de l’alimentation achètent les fruits, légumes, le lait, la viande, etc. aux producteurs agricoles et éleveurs. Cette chaîne est grippée depuis plusieurs années. Alors que les distributeurs profitent d’une croissance ininterrompue de leur chiffre d’affaires et de leur marge, les producteurs alimentaires et agricoles subissent chaque année des baisses de prix. Les conséquences sont lourdes : des fermetures d’usines ou d’entreprises, des agriculteurs en difficulté. La loi Agriculture et Alimentation devait changer ça. Des outils ont été mis en place : encadrement des promotions, hausse du seuil de revente à perte, définition des indicateurs de coûts de production. Les premiers effets ont été ressentis depuis le mois de février par les consommateurs. La hausse des prix est ...

Interview à BFM Business

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Lundi j’étais invité de BFM Business. J'ai répondu aux questions de Guillaume Paul et Karine Vergniol. L’occasion pour moi de rappeler qu’à 10 jours de la fin des négociations commerciales et à quelques exceptions près, l’état d’esprit des EGA n’est pas respecté. Il est urgent d’agir !

EGA, « Jour J » : les torpilles sont de sortie !

On ne change pas les bonnes habitudes. Ce vendredi 1er février, rentre en vigueur la loi « Agriculture et Alimentation » sur son volet hausse du seuil de revente à perte de 10%. Cette hausse a pour but d’aboutir à un relèvement des prix agricoles payés aux producteurs car, dans le même temps, les distributeurs augmenteront leurs marges sur une série de produits d’appels. Pour les professionnels qui veulent le comprendre et le faire fonctionner, ce mécanisme est évident. Il peut être une première réponse au cauchemar que vivent les producteurs agricoles depuis des décennies. Chez les torpilleurs de service, qui ont enterré l’esprit des États Généraux de l’Alimentation à la sortie des ateliers, on feint de ne pas saisir le mouvement. Le vent de l’information va dans leur sens. Quel plaisir de pouvoir hurler à la baisse du pouvoir d’achat, à l’escroquerie des consommateurs ! Certains distributeurs ne nous ont pas déçus. Il y a ceux qui font les candides ...

En 2019, disons non aux intoxs sur notre alimentation

J’aurais pu commencer cette année par des vœux très « politiques ». L’actualité est marquée par la crise des gilets jaunes qui continue à ruiner à petit feu des milliers de petites et moyennes entreprises de l’alimentation et des métiers de bouche. Autre sujet des semaines qui viennent, la loi « agriculture et alimentation » qui va essayer de rentrer en application avec la « marche en avant du prix » pour les filières, l’encadrement des promotions et le relèvement de 10% du seuil de revente à perte. Je préfère en fait lancer une initiative concrète pour contrer un phénomène aussi menaçant pour nos emplois et qui dépasse notre secteur d’activité : la diffusion massive et incontrôlée de fausses informations. Il est de notre responsabilité en tant que porte-parole des 17 000 entreprises de l’alimentation de proposer de nouveaux moyens pour lutter chaque jour contre le marketing de la peur. Le Monde a par exemple choisi de commencer l’année 2019 sur les ...

Tuons l’agroalimentaire une bonne fois pour toutes !

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Et si nous fermions 17 000 PME ? Et si nous mettions à la porte 430 000 salariés ? Et si nous retirions la plupart des produits de tous les supermarchés ? Et si nous tirions un trait sur 7 milliards d’euros d’excédent d’exportation pour la France ? Dans le « nouveau monde », rien d’interdit tant que le « buzz » est au rendez-vous !   Les entreprises de l’alimentation, première industrie française, ont la vie dure. Perdre leurs marges depuis dix ans à cause de la « guerre des prix », cassés par la grande distribution, n’était apparemment pas suffisant. Il faut dorénavant qu’on les accuse de tous les maux. Les cancers, c’est elles ! L’obésité, c’est elles ! Les allergies, encore elles ! Le débat public a décidé de se passer de ce que les entreprises de l’alimentation ont de plus en plus à cœur : la modération. Ces derniers jours encore, des millions de Français apprenaient sur France Inter, dans l’émission « Grand bien vous fasse » que la plupart des produits alimentaires sont ...

Pour un moratoire des blocages

Mesdames et Messieurs les Gilets Jaunes, ne tirez pas contre votre camp, laissez travailler ceux pour qui vous vous battez ! Mesdames et Messieurs les Gilets Jaunes, Votre mobilisation a concerné tous les Français parce qu’elle est un appel désintéressé de tous ceux qui n’y arrivent plus à la fin du mois. Nous comprenons votre revendication initiale : réussir la transition écologique sans mettre dans le rouge tous ceux qui n’ont pas d’autre choix que de prendre leur véhicule. Malheureusement, votre mobilisation est en train de toucher durement au portefeuille ceux-là mêmes que vous voulez défendre : les artisans, les commerçants, les métiers de bouche, les entreprises de l’alimentation, et en particulier les 98% de PME parmi elles. Ce sont tous ceux qui maintiennent la vie dans ce qu’on peut appeler la « France périphérique » justement parce qu’ils la sillonnent en voiture ou en utilitaire font vivre les centre-villes et les villages des régions et des ...

Ce n’est pas le moment de priver les agriculteurs et producteurs agroalimentaires de pouvoir d’achat !

Il y a des moments uniques dans l’histoire d’un secteur qu’il ne faut jamais oublier. Les États généraux de l’alimentation ont été un de ces moments charnières. Ils ont rassemblé 860 personnes représentant les agriculteurs, les producteurs agroalimentaires et la grande distribution. Ces États généraux ont mis d’accord 99% des participants autour d’un constat, d’un objectif et de moyens pour y parvenir. Le constat, c’est la guerre des prix dans la grande distribution qui a ruiné nos filières. L’objectif, c’est de redonner de la valeur aux produits agricoles et agroalimentaires pour redonner du pouvoir d’achat aux femmes et aux hommes qui sont derrière. Les moyens, ce sont essentiellement deux mécanismes : la hausse du seuil de revente à perte dans la grande distribution pour que celle-ci arrête de marger si fortement sur les produits agricoles et l’encadrement des promotions qui détruisent la valeur des produits. Il y a eu consensus autour de ces ...

Les Mousquetaires : chiche !

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Un patron de la grande distribution qui soutient les mesures concrètes contre la guerre des prix, c’est assez rare pour le souligner ! Ce vendredi 23 novembre, dans « Les Échos », Thierry Cotillard, directeur général d’Intermarché a exprimé son soutien aux outils issus des Etats Généraux de l’Alimentation. Il dit : « Si le relèvement du seuil de revente à perte nous permet de dégager de meilleures marges sur les produits dits «psychologiques » comme les colas ou les pâtes à tartiner, cela nous donnera de la flexibilité pour, d'une part, mieux rémunérer certains industriels qui travaillent directement avec le monde agricole - pour autant qu'ils redescendent bien ces augmentations aux agriculteurs ; et pour, d'autre part, baisser les prix pour les consommateurs sur d'autres aliments. ».   M. Cotillard donne sa chance aux outils issus des « EGA ». Chiche ! Venant d’un distributeur, en pleine période de négociations, ces mot sont encourageants. Nous disons chiche ! Si les distributeurs, qui ...

“Il faut un sursaut des industriels français” – Interview à “L’Usine Nouvelle”

Cette interview est consultable sur le site de l'Usine Nouvelle : https://www.usinenouvelle.com/article/il-faut-un-sursaut-des-industriels-francais-annonce-richard-girardot-patron-du-syndicat-de-l-agroalimentaire.N758569   L'Usine Nouvelle - La loi Alimentation a été votée le 2 octobre. Quel bilan tirez-vous de ce texte ? Richard Girardot - Les états généraux de l’alimentation ont représenté une opportunité pour tous les acteurs. C’est la première fois qu’industriels, producteurs, distributeurs et même consommateurs se retrouvaient autour d’une même table. Toutes les parties prenantes ont mis beaucoup de ressources et d’énergie à disposition. Reste maintenant à savoir si l’on arrivera à se saisir collectivement de cet outil pour faire évoluer l’agroalimentaire français. Le résultat dépendra de l’application du texte. Cette loi était indispensable, mais tant que les ordonnances n’ont pas été adoptées, il est trop tôt pour faire un bilan. Pour résumer, aujourd’hui, tous les acteurs de l’agroalimentaire sont sur un plongeoir et attendent pour se jeter à l’eau. Malheureusement, nous sentons des hésitations de toutes parts. Il faut pourtant un ...