Le prix vise d’autres proies

Cela fait déjà 4 ans que je persévère sur ce blog dans la dénonciation de la « guerre des prix » et la déflation qui mobilise la distribution. Après avoir été relativement seul à agiter mon drapeau blanc, j’ai suivi une évolution dans les mentalités, une prise de conscience dont nous avons vu un premier aboutissement, à confirmer, avec les États Généraux de l’Alimentation et la loi qui les a suivis. En tant que vétéran, j’ai appris à me méfier des effets d’annonce. J’ai aussi appris à écouter mes éclaireurs qui m’informent des prochains champs de bataille, des prochains vainqueurs et vaincus. Depuis quelques mois, la guerre des prix fait des dégâts sur des nouveaux terrains. Elle change de victimes. Cette quête sans fin du toujours moins cher, que certains nous présentent comme vertueuse pour l’intérêt du consommateur et le dynamisme du secteur de la grande distribution, est en fait en train de la tuer à petit ...

Cacolac, Hénaff, Triballat : des belles histoires en conquête !

Le food bashing nous laisse des heureux moments de répit. Ces dernières semaines, trois succès nous ont été racontés dans différents journaux qui sont emblématiques d’une reconnaissance de nos entreprises. Au-delà des clichés, des caricatures, il y a en vérité de grandes et belles réussites et des entreprises attachées à leur territoire et à leur savoir-faire. Depuis plusieurs générations, ce sont avant tout des aventures humaines. L’innovation de Triballat « Le Point » du 2 mai dernier a mis en avant l’entreprise familiale Triballat (Sojasun, Nutrisun, Vrai, Petit Breton), petite fromagerie devenue grande entreprise grâce à l’innovation. Triballat est un groupe emblématique de ce que sont nos ETI de l’alimentation. C’est une entreprise audacieuse, qui a cru avant tout le monde dans l’avenir du bio produit en France et transformé en France. C’est une entreprise fière de ses racines, toujours implantée près de Rennes avec plus de 1200 emplois. Enfin, ce sont des équipes qui cherchent à anticiper les futurs ...

Courez voir Eataly !

Par 0 No tags Permalink 0

L'industrie agroalimentaire italienne a concrétisé une belle ambition : réunir une grande diversité de produits alimentaires de ses PME dans un lieu unique qui s’exporte partout dans le monde. Eataly arrive à Paris. Que vous soyez de Paris ou d’ailleurs, allez-y ! Et imaginez un lieu semblable à celui-ci avec les produits et la diversité de nos PME, qui serait à Londres, à New York, à Shanghaï... En tant que président de l’ANIA, j’en ai rêvé... Les Italiens l’ont fait !

Professeur Cotillard, reprenons votre leçon !

Par 0 No tags Permalink 34

Depuis plusieurs semaines, le premier bilan de la loi Agriculture et Alimentation a débuté. Il est plus que mitigé. Le constat est le même chez les entreprises de l’alimentation que chez les producteurs agricoles : la hausse du seuil de revente à perte pour une série de produits n’a pas été répercutée par la grande distribution vers les producteurs. Le malaise est palpable chez nos partenaires de la grande distribution. La FCD a hurlé aux « fake news » devant des chiffres pourtant limpides : les trois quarts des producteurs alimentaires ont reçu une demande de baisse de prix de la part des 4 centrales d’achat. Ce mardi, dans une lettre ouverte publiée dans « Les Echos », le patron d’Intermarché, Thierry Cotillard, préfère jouer sur les mots que d’expliquer comment respecter concrètement l’esprit des « EGA ». Mais sa leçon de méthode ne fonctionne pas. Quand on ne peut contester les chiffres, on s’attaque à la méthode. Raté. Comme il ne peut contester les chiffres issus de l’« Observatoire des négociations commerciales », Thierry Cotillard s’attaque à la méthode. ...

A la recherche de l’argent (perdu) des Français

Quelque chose ne tourne pas rond dans la chaîne de l’alimentation française. Commençons par rappeler les maillons de cette chaîne : Les consommateurs achètent des produits à des distributeurs (supermarché, hypermarché, épicerie, etc.).Les distributeurs achètent eux-mêmes les produits aux entreprises de l’alimentation qui les fabriquent ou directement aux producteurs agricoles et coopératives.Les entreprises de l’alimentation achètent les fruits, légumes, le lait, la viande, etc. aux producteurs agricoles et éleveurs. Cette chaîne est grippée depuis plusieurs années. Alors que les distributeurs profitent d’une croissance ininterrompue de leur chiffre d’affaires et de leur marge, les producteurs alimentaires et agricoles subissent chaque année des baisses de prix. Les conséquences sont lourdes : des fermetures d’usines ou d’entreprises, des agriculteurs en difficulté. La loi Agriculture et Alimentation devait changer ça. Des outils ont été mis en place : encadrement des promotions, hausse du seuil de revente à perte, définition des indicateurs de coûts de production. Les premiers effets ont été ressentis depuis le mois de février par les consommateurs. La hausse des prix est ...

Interview à BFM Business

Par 0 No tags Permalink 6

Lundi j’étais invité de BFM Business. J'ai répondu aux questions de Guillaume Paul et Karine Vergniol. L’occasion pour moi de rappeler qu’à 10 jours de la fin des négociations commerciales et à quelques exceptions près, l’état d’esprit des EGA n’est pas respecté. Il est urgent d’agir !

EGA, « Jour J » : les torpilles sont de sortie !

On ne change pas les bonnes habitudes. Ce vendredi 1er février, rentre en vigueur la loi « Agriculture et Alimentation » sur son volet hausse du seuil de revente à perte de 10%. Cette hausse a pour but d’aboutir à un relèvement des prix agricoles payés aux producteurs car, dans le même temps, les distributeurs augmenteront leurs marges sur une série de produits d’appels. Pour les professionnels qui veulent le comprendre et le faire fonctionner, ce mécanisme est évident. Il peut être une première réponse au cauchemar que vivent les producteurs agricoles depuis des décennies. Chez les torpilleurs de service, qui ont enterré l’esprit des États Généraux de l’Alimentation à la sortie des ateliers, on feint de ne pas saisir le mouvement. Le vent de l’information va dans leur sens. Quel plaisir de pouvoir hurler à la baisse du pouvoir d’achat, à l’escroquerie des consommateurs ! Certains distributeurs ne nous ont pas déçus. Il y a ceux qui font les candides ...

En 2019, disons non aux intoxs sur notre alimentation

J’aurais pu commencer cette année par des vœux très « politiques ». L’actualité est marquée par la crise des gilets jaunes qui continue à ruiner à petit feu des milliers de petites et moyennes entreprises de l’alimentation et des métiers de bouche. Autre sujet des semaines qui viennent, la loi « agriculture et alimentation » qui va essayer de rentrer en application avec la « marche en avant du prix » pour les filières, l’encadrement des promotions et le relèvement de 10% du seuil de revente à perte. Je préfère en fait lancer une initiative concrète pour contrer un phénomène aussi menaçant pour nos emplois et qui dépasse notre secteur d’activité : la diffusion massive et incontrôlée de fausses informations. Il est de notre responsabilité en tant que porte-parole des 17 000 entreprises de l’alimentation de proposer de nouveaux moyens pour lutter chaque jour contre le marketing de la peur. Le Monde a par exemple choisi de commencer l’année 2019 sur les ...

Tuons l’agroalimentaire une bonne fois pour toutes !

Par 0 No tags Permalink 3

Et si nous fermions 17 000 PME ? Et si nous mettions à la porte 430 000 salariés ? Et si nous retirions la plupart des produits de tous les supermarchés ? Et si nous tirions un trait sur 7 milliards d’euros d’excédent d’exportation pour la France ? Dans le « nouveau monde », rien d’interdit tant que le « buzz » est au rendez-vous !   Les entreprises de l’alimentation, première industrie française, ont la vie dure. Perdre leurs marges depuis dix ans à cause de la « guerre des prix », cassés par la grande distribution, n’était apparemment pas suffisant. Il faut dorénavant qu’on les accuse de tous les maux. Les cancers, c’est elles ! L’obésité, c’est elles ! Les allergies, encore elles ! Le débat public a décidé de se passer de ce que les entreprises de l’alimentation ont de plus en plus à cœur : la modération. Ces derniers jours encore, des millions de Français apprenaient sur France Inter, dans l’émission « Grand bien vous fasse » que la plupart des produits alimentaires sont ...